Mihai Eminescu et le développement de la société roumaine

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Mihai Eminescu
Photo: capture video “Mihai Eminescu - Poetul Național Al Romanilor”, Youtube “Misterele Istoriei”

Traduction: Stănescu Andreea  

Mihai Eminescu, connu pour ses poèmes « Luceafărul » et « De ce nu-mi vii », a écrit un texte peu utilisé aujourd’hui, à savoir « Icoane vechi și icoane nouă  ». Pourquoi ce texte est-il pertinent aujourd’hui ? Parce qu’il décrit comment la société roumaine, dans sa course à la modernité, choisit d’adopter des valeurs qui ne sont pas adaptées à l’esprit du peuple roumain.

Pourquoi  « Icoane vechi și icoane nouă  » est-il pertinent ?

L’une des idées mises en évidence est la suivante : le travail est à la base de l’évolution de la société, une contribution qui se voit à l’œil nu à travers la transformation de la matière première en produit fini, qui donne de l’importance à l’objet confectionné, puisqu’à la base de tout le processus de transformation, il y avait la main et le travail de l’homme. Mihai Eminescu met en évidence la valeur conférée à un objet par un exemple tiré du  monde occidental :

Le Français prend un morceau de métal d’une valeur de 50 francs et vous en fait une montre qu’il vous vend pour deux napoléons…

L’illustration de l’exemple pris de la France n’est pas fortuite : de ce pays ont été tirés  les concepts qui ont été appliqués dans la culture roumaine, mais sans aucune adaptation des idées occidentales à la réalité autochtone. Ce que l’auteur met en évidence en appliquant l’exemple le modèle français, bien qu’il puisse être considéré comme universel pour tous les pays économiquement et culturellement développés, c’est le fait qu’ils peuvent se permettre de construire tous les éléments d’une société moderne et des objets que d’autres ne pouvaient espérer, à la suite du bien-être économique de la population.

Mihai Eminescu et sa conception de l’Etat

La définition que l’auteur attribue à l’État se fonde sur une approche classique du concept. La notion d’« État» est fondée sur la responsabilité envers ces besoins tout au long de la vie humaine, pour utiliser une structure aussi facile à comprendre que possible pour tout type de catégorie sociale.

Comment Mihai Eminescu voit-il le travail ?

Le travail est d’une grande importance pour l’auteur. L’idée qui concerne une réalité universelle montre que la prospérité d’un pays repose uniquement sur la capacité de ceux qui composaient la société à contribuer par un effort et un dévouement soutenus à leur occupation. Une société qui ne connaît pas un développement de la vie économique et culturelle conduit à un manque qui montre ses effets sur les citoyens, comme le montre la citation suivante :

La pauvreté est la source de presque tous les maux du monde : la maladie, le don de l’ivresse, le vol, la dilapidation des biens d’autrui, la mauvaise vie de famille, le manque de foi, la méchanceté…

Les éléments énumérés par l’auteur montrent ces conséquences néfastes sur les personnes : elles finissent par perdre leurs anciennes valeurs, les principes moraux, les croyances qui sont à la base des activités humaines, ce qui entraîne des problèmes sociaux aigus.

Le texte montre comment le travail du paysan est perçu en opposition au travail des fonctionnaires, des maires ou des conseillers. Alors que les paysans ont des problèmes avec l’environnement et le travail physique qu’ils doivent faire, les classes supérieures affichent une attitude de défi à leur égard. Le paysan roumain est un symbole du travail acharné qu’il accomplit,travail qui soutient les gros budgets qui sont gaspillés parce que le pays n’est pas dirigé par les bonnes personnes.

En revenant des capitales des États européens, les jeunes oublient leurs traditions et leurs coutumes et les remplacent  par d’autres empruntés. Les croyances et la mentalité de l’homme simple de la campagne sont remplacées par des notions promues par d’autres États et sont appliquées sans tenir compte du fait que la réalité des paysans est celle autour du bétail, du foyer et de la nécessité de subvenir aux besoins de la famille, et non la modernisation et la création d’institutions dont ces gens simples n’ont pas besoin, mais aussi ils ne savent pas quel est leur rôle.

La Roumanie, le pays de n’importe qui dans la vision de Mihai Eminescu

Un question soulevée par Mihai Eminescu est que la Roumanie peut être offerte à n’importe qui pour des avantages matériels. Ainsi, les classes sociales de base du peuple roumain ont un statut réduit au silence plutôt qu’un statut qui implique un rôle actif dans l’expression de leurs opinions. Ce manque de patriotisme et l’inclination à changer complètement l’ordre social, tel qu’il a été hérité des ancêtres, est une autre raison pour laquelle l’auteur critique sévèrement les peuples qui s’emparent du territoire des Roumains. 

Pour Mihai Eminescu, le patriotisme est une valeur qui occupe une place centrale dans le texte, mais aussi un concept qui sous-tend la culture roumaine. Ce sont les paysans qui sont contraints d’adapter leur mentalité liée au patriotisme aux valeurs occidentales qui n’ont aucun fondement dans la société roumaine.

Comme on l’a souligné plus haut, la paysannerie est une classe sociale opprimée par ceux qui dirigent le pays, car leur travail est considéré comme démodé, alors que ce sont eux qui paient les impôts à partir desquels sont construits les bâtiments imposants. La valeur du travail du paysan se reflète dans le faible pouvoir d’achat des produits chers.

1. Étienne le Grand, symbole de la bravoure

Un autre élément spécifique de la culture roumaine mis en lumière par Mihai Eminescu est l’évocation d’Etienne le Grand. A travers son image, l’auteur réussit à créer un portrait des Roumains qui ont été courageux et se sont battus pour ne pas donner leur pays aux étrangers. Il fait preuve de patriotisme, une valeur qu’il a inculquée au peuple qu’il a dirigé, tout en veillant au bien-être de la population.

En substance, les idées promues par le souverain sont celles qui pourraient être comprises par tout homme simple sans recourir aux emprunts modernes. En le mentionnant, on l’appelle un symbole de responsabilité sociale, de bravoure et de foi. À cette époque, c’était la foi qui donnait l’espoir que le pays serait défendu  par les prédateurs, que la terre serait fructueuse et que les gens seraient préservés des problèmes familiaux.

2.Un autre symbole de la culture roumaine est lié à la horă

L’auteur décrit la danse appelée « horă » comme une façon de passer son temps libre, surtout le dimanche ou les jours fériés. Dans ce contexte, « hora » acquiert également un sens lié à la possibilité de communiquer. Ainsi, jeunes et vieux se réunissaient pour discuter des problèmes de la vie quotidienne ou pour se concerter sur certains sujets.

La réalité de la paysannerie roumaine était basée  sur cette manière simple, mais efficace. À cette époque, ils s’habillaient avec des vêtements traditionnels, faits à la main, spécifiques à la région où ils vivaient. Ces éléments trouvent leur origine dans la nature et dans le lien de l’homme avec l’environnement, comme le montre la citation suivante :

[…] les beautés de la nature, son amitié avec la forêt, avec le beau cheval, avec les riches troupeaux […].

L’auteur s’est concentré sur la présentation  de l’opposition entre européen et national dans la culture roumaine. Il décrit les éléments indigènes, donnant un aperçu d’une société qui est obligée d’emprunter la culture et la civilisation à l’Occident, alors que  ceux qui devraient conduire le pays à  une base culturelle la prennent de l’extérieur.

Mihai Eminescu considère que les éléments roumains doivent avoir la priorité et non les éléments européens. Bien sûr, la Roumanie appartient au continent européen et ne doit pas se détacher de la réalité extérieure, mais copier la culture est un moyen d’aggraver la situation culturelle et non de l’améliorer.

La présentation des éléments nationaux crée l’identité du peuple, qui peut être perçue par  la relation de l’homme avec Dieu, avec la nature, à travers les costumes folkloriques et grâce aux légendes. Tous ces éléments constituent la base de la culture roumaine. La relation avec Dieu montre que cette valeur est héritée des ancêtres et que la foi offre une protection contre les événements indésirables. La fondation de monastères dans le nord de la Moldavie en tant que sentiment de gratitude envers la divinité en est un exemple illustratif.

3. Vêtements folkloriques, symbole du lien de l’homme avec la nature

Le peuple roumain s’est développé dans le village, et le lien avec la nature ne pouvait être absent. Tout ce qui l’entoure est une source d’inspiration pour les textes poétiques, narratifs ou artistiques, qui représentent un symbole de la culture roumaine. Le costume folklorique est l’élément qui ressort lorsque l’on parle de culture nationale. Ces motifs floraux, qui trouvent leur origine dans le lien de l’homme avec la nature, sont des éléments facilement reconnaissables et lui confèrent un caractère unique parmi les cultures européennes. L’existence de légendes inspirées du folklore est un autre symbole traditionnel de notre culture. Certaines parties de ces histoires ont été réinterprétées par plusieurs auteurs, assurant ainsi la perpétuation des contes chez les Roumains.

En conclusion, le texte « Icoane vechi și icoane nouă », écrit par Mihai Eminescu, est pertinent dans la littérature roumaine en raison des questions abordées, il dépeint aussi fidèlement que possible la société roumaine par rapport à la société européenne et la manière dont les caractéristiques occidentales ont été appliquées à la culture roumaine.

Vous pouvez aussi lire cet article en roumain – Mihai Eminescu !

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