L’attaque de forces du voïvode Vlad l’Empaleur et la célèbre défaite des Turcs

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest
Vlad Tepes, vlad l'empaleur
Commons.wikimedia.org

Traduit par : Daria Zară

Si on regarde l’histoire médiévale de la Roumanie il y a un événement notable : l’attaque de nuit à Târgoviște, dirigée par le redoutable voïvode Vlad III Basarab, surnommé « Vlad l’Empaleur » (en roumain Vlad Țepeș). Les voïvodes roumains ont employé diverses stratégies pour assurer leur victoire dans la lutte longue et fatigante avec les Ottomans.

Je vous invite à approfondir l’histoire de cet événement et à connaître l’esprit fin et agile de Vlad l’Empaleur qui a animé les actions décisives contre les Ottomans.

 L’histoire de Vlad l’Empaleur

Vlad l’Empaleur était le souverain de la Valachie et un redoutable adversaire des Ottomans. Il avait un caractère fort et une dignité qui ne lui permettaient pas de se soumettre aux volontés des Turcs qui autrement auraient soumis le pays. C’est pour cela que Vlad l’Empaleur a réussi pendant son règne à obtenir l’indépendance temporaire de la Valachie. Une première décision de délivrer le pays de la domination ottomane fut le refus de payer encore tribut en 1459.

Une croisade contre les Turcs a été élaborée, initiée et menée par le pape et Matthias Corvinus, alors roi de Hongrie. Vlad l’Empaleur a également adhéré à ce plan, concluant une alliance avec Matia Corvin vers l’année 1460. Les Ottomans ont tenté, sans succès, d’arrêter cette alliance et de capturer Vlad l’Empaleur. Mais, le souverain a organisé entre 1461-1462 une campagne inattendue au sud du Danube. Ainsi, les Turcs sont tués par les vaillants Valaques fidèles au souverain roumain.

L’attaque de nuit à Târgoviște

Profondément blessé par le défi du Vlad l’Empaleur, Muhammad II élabora un plan de vengeance. Une armée d’environ 120 000 hommes, auxquels s’ajoutent des navires de guerre, se dirigeait vers le Danube, afin de conquérir la forteresse de Chilia et d’occuper la Valachie. Malgré la tentative de Vlad l’Empaleur, les armées turques parviennent à avancer vers Târgoviște.

Les premières mesures prises par le voïvode furent l’application de la tactique de la « terre brûlée » : empoisonner les puits, attaquer les troupes ennemies à la recherche des vivres, brûler les récoltes, détruire les éventuels refuges et toutes les ressources qui auraient pu servir aux Turcs.

La situation des Ottomans devenait de plus en plus difficile à mesure que leurs ressources diminuaient et que les soldats étaient privés de nourriture et de repos. La stratégie de l’Empaleur a donné des résultats : il a forcé ses ennemis à agir comme des sentinelles automatisées, sans qu’ils puissent satisfaire leurs besoins physiologiques vitaux. Cependant, les ennemis n’ont pas abandonné si facilement et ont poursuivi leur mission sans la moindre crainte.

Voyant l’audace des ennemis, le rusé Vlad l’Empaleur réfléchit à un plan d’offensive qui allait anéantir les Turcs. L’armée roumaine s’est déguisée en soldats ottomans, enfilant leurs vêtements et retournant leurs armes contre eux. Armés de javelots et de lances turcs, de torches à mazout qui présageaient le malheur, les Roumains se dirigèrent vers le champ ennemi, visant même à tuer le sultan. Les gardes ont été tués sans avoir le temps d’annoncer le danger, des dizaines de tentes ont été incendiées, le camp ottoman a été englouti par la fumée et les voix lamentables des soldats mourants créaient une atmosphère oppressante.

Les Turcs déconcertés n’ont plus eu le temps de comprendre ce qui leur arrivait et ont attaqué aveuglément, s’entretuant dans la terrible agitation qui les a saisis. On dit que le voïvode Vlad lui-même a attaqué la tente du sultan, mais il était dans une autre tente pour se consulter avec ses généraux, et finalement il a échappé à la colère de L’Empaleur.

Les troupes ottomanes ont fini par se réorganiser très tard. Certaines des troupes roumaines étaient chargées de garder la frontière avec la Moldavie, alors qu’Etienne le Grand surveillait les tensions en Valachie et convoitait la forteresse de Chilia. Le sultan se dirigeait vers cet objectif stratégique de grande importance, mais sur la route, il fut surpris et effrayé par la foule impressionnante de personnes empalées par le redoutable souverain valaque. Muhammad décida alors de soutenir Radu sur le trône de Valachie.

Peu à peu, Vlad perd de la sympathie au détriment de Radu et ses troupes deviennent trop faibles pour résister aux attaques de l’adversaire. Vlad est contraint de se réfugier dans la forteresse de Poenari. Cet événement marque la fin de son second règne.

La réputation de Vlad L’Empaleur

Vlad L’Empaleur est connu, même des étrangers, sous le surnom de Dracula. Ce nom est susceptible de provenir du nom de son père. Vlad Dracul, le père du voïvode, appartenait à l’Ordre du Dragon, une société militaro-religieuse qui visait à défendre le christianisme et à lancer des croisades anti-ottomanes. D’où le nom Dracul, qui représente une variante du nom latin draco. Cependant, on peut dire que cette appellation prend d’autres valences à cause de la cruauté de Vlad L’Empaleur, renommé pour les punitions sanglantes et impitoyables qu’il donnait.

Le surnom d’Empaleur a l’origine dans les lois presque draconiennes que le souverain a imposées afin d’empêcher les vols et les iniquités et dans la manière d’exécuter les prisonniers capturés pendant la guerre. Il choquait tout le monde par la multitude d’exécutions et par le fait qu’elles étaient si exposées au public pour attirer l’attention des voleurs sur le sort qui les attendait s’ils défiaient l’ordre imposé par le voïvode.

L’histoire suivante illustre fidèlement comment agissait Vlad L’Empaleur :

La justice de Vlad L’Empaleur

Vlad L’Empaleur est un nom ou plus exactement un surnom terrible, car il vient du mot pal. Afin de comprendre pourquoi il a été appelé ainsi, je dois vous dire qu’après le règne du bon et sage Mircea Le vieux, des dirigeants plus faibles ou malveillants ont succédé. Les Turcs frappaient la frontière de plus en plus fort. Il y avait beaucoup de désordre dans le pays. De nombreux traîtres, voleurs, meurtriers et autres criminels sont apparus. C’était difficile à mener une vie sereine, car ces voleurs et assassins ne faisaient que du mal, des troubles et le pays se détériorait d’un jour à l’autre.

Dès qu’il est devenu souverain, le voïvode Vlad a pris une terrible décision : tout vol, tout problème ou injustice allait être puni par une méthode qu’on l’appelle le supplice du pal. Y avait-il un paresseux ? Il l’invitait sur un pieu. Apprenait-il de l’existence d’un voleur ? Empelé. Y avait-il un traître ? Le pal le connaissait sans doute. Quant aux meurtriers, ils avaient bien évidemment le même traitement. Il a même empalé de nombreux Tartares et Turcs qui ont eu le malheur d’être sa proie.

La nouvelle de la pratique du voïvode s’était répandue dans le monde entier. Et c’est ainsi qu’il prend son surnom.

Avez-vous eu peur, mes chers, d’entendre l’histoire d’un dirigeant aussi cruel ? Pas encore ? Bien sûr que non : parce que Vlad le voïvode était cruel, très cruel, mais juste. Il détestait les méchants et aimait les bons et les honnêtes, les travailleurs et les hommes de famille. Il s’est rangé du côté de ceux qui ont défendu leur pays avec dignité. Pendant le temps de son règne, l’honneur et le bon ordre régnaient dans le pays. Que si vous laissiez un sac plein d’argent à un carrefour, personne n’y s’approchait.

On raconte qu’une fois, un marchand est venu voir Vlad le voïvode. Le marchand se lamentait :

-Votre Majesté, les cambrioleurs ont volé mon sac dans lequel je tenais mes sous ! 

-Y a-t-il toujours des voleurs ? Demanda le voïvode avec colère. 

-On dirait qu’il y a toujours là, Votre Majesté. 

-Et combien de sous avais-tu dans ce sac ? Demanda Vlad l’Empaleur.

-Cent pièces d’or, dit le marchand. Cent sous précisément ! 

-Je suis désolé, monsieur le marchand, je suis désolé qu’on rencontre encore des voleurs dans mon pays. Mais entendez bien ce que j’ai à vous dire : va à l’auberge et attends trois jours. Alors viens à ma seigneurie. Qu’en attendant, mes hommes attraperont bien sûr le voleur. S’ils ne l’attrapent pas, je te rendrai tes sous du trésor du pays. 

Le marchand est parti, tout en se frottant les mains de joie. 

Mais le souverain sentait une intention cachée derrière l’apparence du marchand : ses paroles et son comportement ne semblaient pas sincères. C’est pourquoi il a pensé à le mettre à l’épreuve.

Le troisième jour, lorsqu’il est venu s’emparer des sous volés, Vlad a sorti tout d’un coup un sac et le lui a montré :

– Est-ce que c’est ça ?

– C’est ça, Votre Majesté ! Il fixait les yeux du marchand qui brillaient comme ceux d’un renard sournois.

– Compte, vois si tous tes sous sont là, ordonna-t-il au marchand, sans le quitter de ses yeux.

Le marchand se hâta de compter. Quand il eut fini, le chef lui demanda :

-Ils sont tous ?

-Tous, Votre Majesté ! 

-Il ne manque aucun ? 

-Aucun, Votre Majesté ! 

-Compte-les une fois de plus. 

-Non, Votre Majesté, je les ai bien comptés. 

-N’y a-t-il pas un de plus ? 

-Non, Votre Majesté, il y en a cent sous précisément ! 

-Oui ? Alors donne-moi le sac pour que je puisse les compter. 

-Pas besoin, Votre Majesté, il y en a cent sous précisément !

Mais le chef n’a pas abandonné ; il avait un mauvais pressentiment :

-Je t’ordonne de me donner le sac pour compter moi-même les sous. 

Le marchand s’est rendu compte qu’il risquait de mourir. Son visage est devenu bleuit. Il était effrayé. Le voïvode prit son sac et compta les sous devant lui, faisant dix piles de dix. Un sous a été laissé maladroit.

– Qu’est-ce que c’est ça ? Le voïvode demanda sans pitié.

– Mais… moi, je n’en sais rien … je…

– Avais-tu cent sous dans ton sac, n’est-ce pas ?

– Oui, cent sous…

– Et quand tu les as comptés, tu en as trouvé une centaine, n’est-ce pas ?

– Une autre centaine…

– Et tu vois qu’il y en a un de plus ?

–  Dès ce que je vois…

–  Pourquoi as-tu menti ? Pourquoi as-tu essayé de me tromper ? Tu es à la fois un voleur et un menteur. J’ai découvert qu’aucun sac ne vous a été volé parce que vous n’êtes pas marchand et que vous n’avez jamais eu cent sous. Tu es un voleur qui a eu l’audace de piller même le voïvode.

Le marchand présumé se tut. Pris en flagrant délit, il savait ce qui l’attendait…

Si vous avez aimé cet article sur Vlad L’Empaleur, lisez également la version en roumain – 17 iunie 1462 – atacul lui Vlad Țepeș și celebra nimicire a turcilor

Lisez également :

Sources – Vlad L’Empaleur:

 440 total views,  1 views today

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *